Emmanuel d’Alzon, passionné du Christ

«Il faut élargir les intelligences et les cœurs à la cause de Dieu, il faut ouvrir des horizons pour les myopes, il faut allumer des brasiers pour des gens qui ne réclament que leur chauffe-pieds.»

Emmanuel d’Alzon

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Quand meurt le père d’Alzon le 21 novembre 1880, à Nîmes, la ville est en émoi. Tout le monde le connaît, qu’on l’aime ou qu’on le craigne. Le Préfet a reçu l’ordre de chasser les religieux, mais comme le ferait-il tant que le P.d’Alzon est de ce monde ? La police assiège le collège de l’Assomption où il vit ses dernières heures et attend….

Qui est-il donc, quelle furent sa vie et son œuvre pour que sa fin terrestre inspire une telle tension ?

Emmanuel d’Alzon (1810-1880) est né au Vigan, au pied des Cévennes, au sud de la France, le 30 août 1810, dans  une famille aristocratique, d’un père qui a exercé plusieurs mandats de député. Sa formation secondaire et universitaire s’est déroulée à Paris. Ayant renoncé à une carrière juridique ou militaire, il s’est orienté vers le sacerdoce.

Après des études théologiques à Montpellier et à Rome, il choisit de servir  le diocèse de sa naissance, Nîmes. Quatre ans plus tard, il devient vicaire général à l’âge de 29 ans. Il occupera ce poste presque quarante ans, sous  quatre évêques successifs. Lui-même refusa plusieurs fois l’épiscopat. Son rayonnement dépassa largement les frontières de son diocèse. Il meurt à Nîmes le 21 novembre 1880 et fut déclaré «vénérable » par le pape Jean-Paul II le 21 décembre 1991.

Sa cause de béatification est introduite à Rome. Il est prié sur tous les continents.

Un homme énergique

Emmanuel d’Alzon lance de nombreuses initiatives dans le diocèse de Nîmes : visites des paroisses, prédications qui attirent beaucoup de monde, écoles populaires, refuge pour les femmes « de mauvaises vies » qui veulent en sortir, cours pour les adultes, orphelinat, collège, Conférences de Saint-Vincent de Paul… Au-delà de son diocèse, il est considéré comme l’une des grandes figures du catholicisme français du XIXe siècle par l’influence qu’il exerça dans l’Église et sur la société.

Un créatif

Il est le fondateur de deux congrégations, les Augustins de l’Assomption (Assomptionnistes), en 1845, et les Oblates de l’Assomption, avec Marie Correnson, en 1865. Il leur assigna des buts apostoliques : éduquer la jeunesse pour en faire des chrétiens, instruits et éclairés, capables de prendre les pèlerinages comme moyens de raviver la foi et de rendre les catholiques visibles dans l’espace public ; des journaux et périodiques (Pèlerin, La Croix) pour la formation d’une opinion publique catholique et la participation des chrétiens aux débats politiques ou de société ; des petits séminaires pour que les enfants de milieux pauvres puissent devenir prêtres ; des orphelinats ; des écoles, hôpitaux et dispensaires en Turquie et Bulgarie qui accueillaient catholiques, orthodoxes, juifs, musulmans.

Imiter le Christ

Le Christ est au centre de la vie d’Emmanuel d’Alzon. Comme saint Paul, il dira : « Le Christ c’est ma vie ». Homme de foi, de prière et d’étude, toute sa vie il s’efforce de mieux connaître, aimer, imiter Jésus- Christ. Laisser Jésus- Christ se former en lui, se revêtir de Jésus- Christ, creuser ses mystères, scruter ses faits et gestes, le connaître pour l’aimer, se donner à lui tout entier, aimer comme lui le Père et les hommes, la Vierge sa mère, l’Église son épouse, voilà le secret de la sainteté du Père d’Alzon.

L’homme à l’image de Dieu

À vingt ans déjà, Emmanuel d’Alzon a la hantise de lutter pour transformer la société de son temps qui évacue Dieu et, ce faisant, opprime l’homme, surtout les plus faibles. Rien de plus urgent dans une société qui réclame les droits de l’homme que d’affirmer le projet de Dieu pour celui-ci. L’homme a été créé à l’image de Dieu mais le péché en défigure sans cesse les traits. Le Christ, par sa mort et sa résurrection, veut restaurer toute l’humanité et toute la création en Dieu. Le père d’Alzon ne s’oppose pas a priori, de manière idiote, aux droits de l’homme ; sa conviction est la suivante : reconnaître les droits de Dieu, c’est pour les hommes l’assurance que leur dignité sera respectée, c’est la voie du bonheur et du salut.

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Un maître spirituel

La spiritualité d’Emmanuel d’Alzon, centrée sur le Christ, est un chemin dans lequel beaucoup d’hommes et de femmes se reconnaissent aujourd’hui. On peut en décrire l’intention générale en

 1/ Laisser le Christ se former en moi

Tu veux imiter le Christ ? Laisse-lui l’initiative ! C’est Lui qui va te conformer à son image de la manière qu’il entend.

2/ Se revêtir de Jésus-Christ

Fais tiens ses sentiments, ses paroles, ses actions. Mesure ta vie à ce modèle.

3/ Creuser les mystères du Christ, ses faits et ses gestes

Plus on connaît le Christ, plus on l’aime ; plus on l’aime, et plus on veut l’imiter

4/ Se donner tout entier à Lui

Jésus règne vraiment en nous quand tout en nous lui appartient dans un acte de confiance et d’abandon

5/ Aimer l’Église et Marie

Si j’aime Jésus, combien dois-je aimer ce qu’il a de plus cher : L’Église, je dois l’aimer comme ma patrie… Je dois aimer tout ce qui la fait vivre. Quand je ne pourrais connaître des vertus de la sainte Vierge que ce qu’en dit l’Évangile, cela mesurait.

6/ Faire venir le Royaume de Dieu

Cherchons le Royaume de Dieu. Proclamons-le avec toute la plénitude de notre liberté et de notre amour, car Dieu ne veut pas régner sur des esclaves, mais sur des hommes libres, sur des fils qu’il puisse aimer d’une tendresse paternelle

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